Notre poids ne dépend pas uniquement de notre alimentation ou de notre niveau d'activité physique. Pour de nombreuses femmes, il est étroitement lié à des variations hormonales ayant des effets sur l'appétit, l'humeur, la rétention d'eau et le stockage des graisses.
Cet article propose de mieux comprendre les mécanismes de la prise de poids hormonale et d’explorer le rôle du gattilier, une plante médicinale traditionnellement utilisée pour accompagner l’équilibre du cycle féminin.
Qu'est-ce que le gattilier (Agnus Castus) ?
Le gattilier, dont le nom latin Vitex agnus-castus signifie agneau chaste, est un arbuste aux feuilles vert foncé sur la face supérieure et plus claires en dessous, pouvant atteindre quelques mètres de haut. Ce petit arbuste originaire du bassin méditerranéen appartient à la famille des verbénacées,
Il est utilisé comme plante médicinale depuis l’Antiquité, notamment en Grèce antique, pour ses bienfaits sur les troubles du cycle féminin. Poussant à l’état sauvage en Europe près des cours d’eau, le gattilier est aujourd’hui cultivé dans des régions au climat chaud, notamment dans le sud de l’Europe, en Afrique du Nord et en Asie occidentale.
La phytothérapie, qui correspond à l'usage des plantes médicinales, s'intéresse principalement aux fruits du gattilier. L'agence européenne du médicament reconnait d'ailleurs l'usage traditionnel du gattilier pour accompagner le syndrome prémenstruel. C'est dans ses baies rouges que se concentrent les principes actifs de la plante, notamment les substances diterpéniques et les flavonoïdes. Elles sont récoltées à maturité, puis séchées avant d'être transformées en poudres ou en extraits standardisés.
Le gattilier est parfois surnommé "arbre chaste" ou "poivre des moines". Ces surnoms datent du Moyen Âge, alors que ses baies étaient consommées par les moines, d'où la notion de chasteté, et qu'elles étaient couramment utilisées comme substitut au poivre en raison de leur saveur légèrement épicée.
Bienfaits du gattilier
Régule le cycle menstruel
La régulation du cycle menstruel est l'un des principaux bienfaits du gattilier. Un taux trop élevé de prolactine, une hormone sécrétée par l'hypophyse, peut entraîner des cycles trop courts ou irréguliers.
Le gattilier contient des composés à action dopaminergique, c'est à dire imitant les effets de la dopamine sur la réduction de la sécrétion de prolactine, en particulier lorsqu'elle est légère et non pathologique. Une prise régulière de gattilier participe ainsi à la restauration de cycles plus réguliers.
Atténue les symptômes du syndrome prémenstruel (SPM)
Le gattilier est couramment utilisé pour apaiser les manifestations du syndrome prémenstruel comme les règles douloureuses, les douleurs mammaires, les maux de tête, les sautes d'humeur, les troubles cutanés ou les sensations de gonflement liées aux cycles menstruels.
Ces effets sont dus à son action sur la prolactine qui impacte l'équilibre entre la progestérone et les œstrogènes. Lorsque cet équilibre est restauré et que les fluctuations hormonales sont moindres, les manifestations du SPM sont atténuées.
Participe à un meilleur confort lors de la ménopause
En régulant les fluctuations hormonales, importantes durant cette période, le gattilier contribue à atténuer certains signes de la ménopause comme les bouffées de chaleur ou la prise de poids.
Limite la prise de poids hormonale
Bien que le gattilier ne soit pas une plante amaigrissante, son action sur la prolactine et sur l'équilibre hormonal peut aider à limiter la prise de poids liée aux cycles, notamment lorsqu'elle est due à l'augmentation de l'appétit et à la rétention d'eau. Son action n'est toutefois pas isolée et s'inscrit dans le cadre d'un mode de vie sain et d'une alimentation équilibrée.
Prise de poids hormonale : comprendre les facteurs hormonaux qui entrent en jeu
Qu'est-ce que la prise de poids hormonale ?
La prise de poids hormonale se caractérise principalement par une variation soudaine du poids sur la balance et par un stockage des graisses concentré sur des zones du corps bien précises comme le ventre ou la poitrine.
Lorsque la prise de poids est d'origine hormonale, elle ne s'explique pas (uniquement) par un changement d'alimentation ou une baisse de l'activité physique, mais par des facteurs influencés par les fluctuations hormonales comme une baisse de la consommation d'énergie (notamment à la ménopause), une augmentation de l'appétit (souvent en fin de cycle avant les règles), la rétention d'eau et une répartition différente du stockage des graisses.
Nous allons voir que ces différents facteurs influençant la prise de poids hormonale peuvent avoir plusieurs origines.
Quels facteurs hormonaux influencent la prise de poids ?
Les variations hormonales au cours du cycle menstruel
Au cours du cycle menstruel, les taux d’œstrogènes et de progestérone varient, ce qui peut influencer différents facteurs comme les signaux régulant la faim et la satiété, l’équilibre émotionnel ou encore la manière dont l’organisme utilise l’énergie et stocke les graisses.
Ces fluctuations hormonales, notamment la chute de la progestérone en phase lutéale (à la fin du cycle) expliquent les manifestations du syndrome prémenstruel comme les douleurs mammaires ou les troubles de l'humeur, et peuvent également favoriser une rétention d’eau et une prise de poids. Celle-ci ne correspond pas à une augmentation de la masse grasse, mais à une modification de la régulation hydrique, entraînant une sensation de gonflement et quelques kilos en plus sur la balance liés à l’eau retenue dans les tissus.
La fin du cycle correspond aussi à une baisse de la sérotonine, un neurotransmetteur qui régule l'humeur, ce qui peut entraîner des perturbations émotionnelles et une recherche de compensation dans une alimentation réconfortante, souvent grasse et sucrée.
L'excès de prolactine
La prolactine est une hormone connue pour son rôle dans la lactation, elle est donc plus élevée en période de grossesse et d'allaitement. En dehors de ces périodes, elle reste présente à de faibles concentrations et participe à différents équilibres hormonaux.
Mais lorsque sa production est trop élevée, notamment en raison du stress ou d'une suractivité de l'hypophyse, elle peut entraîner des déséquilibres métaboliques, une augmentation de l'appétit et une prise de poids. Un excès de prolactine peut perturber les signaux de la faim et de la satiété, conduisant à manger davantage.
Elle peut aussi diminuer la sensibilité à l'insuline, ce qui perturbe l'équilibre glycémique et modifie la manière dont le corps utilise et stocke les graisses. Une hausse de la prolactine peut aussi entraîner une rétention d'eau, qui fait grimper le poids sur la balance et donne la sensation de se sentir gonflé.
La baisse des oestrogènes à la ménopause
De nombreuses femmes constatent une modification de leur silhouette à la ménopause, accompagnée parfois d'une prise de poids. Cette tendance est due à la baisse des œstrogènes, entraînant un changement de répartition des graisses qui ont tendance à ne plus être stockées au niveau des cuisses et des fesses mais plutôt du ventre.
Toutefois, ce phénomène n'est pas une fatalité et dépend aussi d'autres facteurs qui peuvent être maîtrisés comme l'alimentation, le niveau d'activité physique et la gestion du stress, qui peut impacter la qualité du sommeil, essentielle pour bien contrôler son poids.
L'impact du stress et de son hormone, le cortisol
Le cortisol est une hormone sécrétée par les glandes surrénales en cas de stress. Lorsque le stress est passager, la production se stabilise et n'a que très peu d'impacts sur l'organisme. Mais lorsqu'il devient récurrent ou chronique, le taux de cortisol reste à un niveau élevé et entraîne des déséquilibres physiologiques. Parmi les principaux, on constate souvent une augmentation de l'appétit et une hausse de la glycémie (le taux de sucre dans le sang).
L'une des principales caractéristiques de la hausse du cortisol est la tendance du corps à stocker davantage les graisses, principalement au niveau du ventre, et une appétence plus marquée pour les aliments gras et sucrés qui apportent beaucoup d'énergie, car le stress est à l'origine un signal d'alerte du corps pour assurer sa survie, ce qui implique une nécessité de stockage afin de constituer des réserves.
Les troubles du sommeil
En période de stress, la qualité du sommeil est souvent impactée. Un mauvais sommeil, insuffisant ou entrecoupé de nombreux réveils nocturnes, entraîne un déséquilibre des hormones de la faim et de la satiété. La ghréline qui stimule l'appétit augmente, alors que la leptine qui envoie les signaux de satiété baisse. En découle une augmentation de l'appétit et une consommation alimentaire plus importante, qui peut entraîner une prise de poids.
Le SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques)
Le SOPK, qui correspond à une accumulation dans les ovaires de multiples follicules immatures, appelés à tort des kystes, se caractérise par un excès d'hormones androgènes, les hormones mâles, et par une résistance à l'insuline pouvant entrainer une irrégularité des cycles menstruels.
Les hormones androgènes favorisent le stockage des graisses au niveau du ventre et peuvent perturber les hormones de la faim et de la satiété, la ghréline et la leptine. La résistance à l'insuline correspond à une altération de la capacité des cellules à absorber et utiliser le glucose comme source d'énergie, ce qui entraîne une sécrétion accrue d'insuline par le pancréas pour pallier ce dysfonctionnement.
Or un excès d'insuline envoie au corps le message de stocker le sucre sous forme de graisse.
Les perturbations des hormones thyroïdiennes
La thyroïde régule le métabolisme de base, c'est à dire la quantité d'énergie dépensée par l'organisme au repos pour assurer son fonctionnement. En cas de ralentissement de la thyroïde, le métabolisme de base diminue, ce qui entraîne une moindre dépense calorique, à activité et alimentation égales, et peut avoir un impact sur le poids.
Quel lien entre gattilier et perte de poids ?
Le gattilier n'est pas une plante brûle graisse et n'a pas de lien direct avec la perte de poids, mais il agit sur certains mécanismes hormonaux qui peuvent favoriser la prise de poids ou altérer la capacité à en perdre. Son lien avec le poids est donc indirect mais bien réel. Le gattilier agit principalement sur deux facteurs en lien avec le poids : la prolactine et les variations hormonales en fin de cycle.
Les impacts d'une prolactine régulée sur les facteurs de prise de poids
La mission première de la prolactine est de préparer le corps à nourrir un bébé. Elle envoie donc des signaux qui peuvent perturber la stabilité pondérale en favorisant le stockage pour constituer des réserves, comme une sensation accrue de faim. Lorsqu’elle est trop élevée, elle peut également perturber l’ovulation et le fonctionnement de la phase lutéale, ce qui conduit indirectement à une production insuffisante de progestérone et à un déséquilibre hormonal propice au stockage.
Un excès de prolactine favorise aussi la rétention d'eau dans les tissus, ce qui provoque une sensation de gonflement et d'inconfort.
Un taux de prolactine élevé peut donc avoir un impact sur le poids en augmentant l'appétit, en favorisant la rétention d'eau et le stockage des graisses. Le gattilier, grâce à son action dopaminergique, qui imite les effets inhibiteurs de la dopamine sur la sécrétion de la prolactine, permet de la ramener à un niveau plus physiologique et de prévenir ou de mieux contrôler ces effets souvent responsables d'une prise de poids.
Les effets du gattilier sur l’équilibre hormonal féminin
Lorsque les cycles sont irréguliers, la seconde partie appelée la phase lutéale est souvent plus courte. Le gattilier aide à l'allonger, ce qui favorise un meilleur équilibre entre la progestérone et les œstrogènes. Cela laisse un temps suffisant à la sécrétion de progestérone par les ovaires et évite ainsi une domination des œstrogènes, qui peut entraîner un stockage des graisses au niveau abdominal. Un taux satisfaisant de progestérone a aussi un effet relaxant, ce qui contribue à un meilleur sommeil et évite ainsi la dérégulation des hormones de la faim et de la satiété et les compensations alimentaires liées aux troubles de l'humeur.
Cet équilibre, associé à une régulation de la prolactine (en évitant qu'elle n'augmente trop) et de la sérotonine (en prévenant sa baisse), permet de limiter la rétention d'eau ainsi que les variations de l'appétit et de l'humeur, qui peuvent avoir un impact sur la quantité et la qualité des aliments consommés, donc sur le poids.
Les effets du gattilier sur la gestion du poids à long terme
Comme nous l'avons vu, la prise de poids et les difficultés à en perdre sont souvent liées à des déséquilibres hormonaux qui entraînent des réactions en chaîne comme une augmentation du stress et du cortisol pouvant perturber le sommeil, stimuler l'appétit, favoriser les fringales sucrées pour compenser la baisse de la sérotonine (l'hormone de la bonne humeur) et finalement aboutir à une moins bonne gestion du poids.
En intervenant dès le début de la chaîne, c'est à dire sur l'équilibre hormonal, le gattilier permet de mettre un terme à ce cercle vicieux. La perte de poids qui en découle n'est pas le résultat de privations qui pourraient n'être que temporaires, mais celui d'une meilleure stabilité hormonale durable, dans laquelle le corps ne reçoit plus les signaux lui indiquant de stocker l'eau et les graisses.
Comment prendre du gattilier et à quel moment du cycle?
La prise de gattilier doit être régulière car son effet sur l'hypophyse est progressif.
Comment et combien de temps prendre le gattilier?
Il se trouve sous forme de gélules ou de teinture mère. Sa forme n'a pas d'incidence sur son efficacité et le dosage dépend de la concentration en actifs, qui peut varier selon les laboratoires. Il est donc recommandé de suivre les indications qui figurent sur l'emballage.
Pour ressentir les bienfaits d'une cure de gattilier, 2 à 3 mois d'utilisation sont recommandés.
A quel moment?
Le moment du cycle le plus propice pour prendre le gattilier dépend de l'effet recherché:
- Pour réguler les cycles et bénéficier de ses effets globaux, dont un meilleur contrôle du poids, il est conseillé de le prendre sur toute la durée du cycle
- Pour limiter les signes du SPM, une prise en seconde partie de cycle (de la fin de l'ovulation au premier jour des règles) est suffisante.
La prise de gattilier se fait généralement le matin à jeun, l'important étant de toujours le prendre au même moment de la journée.
Précautions et contre-indications du gattilier
Précautions : un avis médical est recommandé en cas de prise de traitements hormonaux comme une pilule contraceptive ou un traitement pour la ménopause. Le gattilier peut dans de rares cas entraîner des effets secondaires comme une baisse de la libido ou de légers troubles digestifs.
Contre-indications : par mesure de précaution, la prise de gattilier est contre-indiquée pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes ayant des antécédents de pathologies hormono-dépendantes comme le cancer du sein et les femmes qui suivent un protocole de PMA (procréation médicalement assistée).
Références






